Une cérémonie à la mémoire des anciens élèves et professeurs du Lycée, morts pour la France, dans la cour d'Honneur du Lycée, a eu lieu le 12 novembre 2007.
La manifestation, a été préparée par 60 élèves de la 3e et de la 1e , sous la direction de leur professeur d’histoire.
Le dépôt d'une bougie allumée par les élèves, au pied du monument aux morts, les chants de la Marseillaise et de l'Hymne Européen par la chorale du Lycée, entraînée par 2 professeurs de musique, ont suivi le discours du Général Gérard DELBAUFFE, dont le voici :
Mesdames et Messieurs les Elus, Mesdames et Messieurs les Professeurs, Mesdames et Messieurs des Conseils d’administration du Lycée et du Collège, Mesdemoiselles et Messieurs les élèves, Mesdames et Messieurs.
Hier, dans toutes les communes de France, devant les monuments aux morts, était célébrée le 89ème anniversaire de l’Armistice de 1918, qui mettait fin à une guerre de plus de 4 ans en Europe. Dernière grande guerre européenne, européenne parce que même si des combattants non européens et particulièrement ceux venus des Etats-Unis ont joué un rôle décisif dans la Victoire, les opérations se sont déroulées pour l’essentiel sur le sol de l’Europe, ce conflit a entraîné 10 millions de morts et des dizaines de millions de blessés, pour la plupart des hommes jeunes car, contrairement à la seconde guerre mondiale, les victimes ont été essentiellement des combattants.
Aujourd’hui, cette guerre nous semble incompréhensible, voire absurde. L’ennemi d’hier est maintenant un partenaire, un ami.
Dans ces murs, en ce moment, des élèves allemands suivent vos cours, sont hébergés dans vos familles et vous, élèves de Henri-IV, faites de même à Berlin, à Stuttgart, à Hanovre ou à Munich.Alors, tous ces hommes, tous vos anciens d’Henri IV dont les noms sont inscrits sur ces plaques de marbre dans le parloir, qui ont arpenté les mêmes couloirs, ce cloître, fréquenté ces salles de cours, au fil des décennies, sont-ils morts pour rien ? Pour une illusion ? Leur sacrifice n’a-t-il servi à personne ?
Non – Avec force, avec une conviction, appuyée sur l’expérience, je vous affirme que non. Leur sacrifice n’a pas été inutile.Génération après génération, celle de 14-18 comme celle de
39-45, ou d’Indochine, ou d’Algérie, comme celles qui les ont précédées, grognards de l’Empire, soldats de l’AN II, comme celle d’aujourd’hui, celle de vos pères ou de vos frères aînés qui luttent sous les couleurs de l’ONU ou de l’OTAN en Afghanistan, au Liban, au Darfour, pour le maintien de la paix et la défense des droits de l’homme. Tous ces hommes ont répondu à l’appel du devoir national pour défendre les valeurs qui figurent dans la devise de notre République : Liberté – Egalité – Fraternité.La perception de ces valeurs a, certes, évolué au fil du temps; l’antagonisme entre les peuples n’a plus le caractère qu’il revêtait il y a un siècle c’est toute la difficulté de l’analyse historique. On juge les événements du passé à l’aune de notre conception d’aujourd’hui.
Mais un fait demeure. Chaque goutte de sang versée par ces héroïques combattants a contribué à faire progresser l’humanité. Ces progrès sont, hélas, bien lents et souvent remis en cause. Mais, toutes ces souffrances des combattants, de leurs mères, de leurs époux, de leurs fils, de leurs filles ont suscité un cri unanime : Plus jamais ça ! Ce n’est hélas pas encore une réalité. Mais, portées par cet immense espoir, des voix se sont élevées, des volontés se sont affirmées.
Dans nos pays déchirés par des guerres meurtrières, des forces de paix se sont affirmées. L’Europe se construit, qui rassemble les ennemis d’hier, et constitue un pôle essentiel de paix et de progrès.
Le chemin est encore long, et pour la victoire de la Paix, nous aurons beaucoup à combattre. C’est notre responsabilité à nous aujourd’hui, et demain à vous les plus jeunes.
Rendons hommage à nos anciens qui ont tout donné et gardons à l’esprit l’héritage qu’ils nous ont transmis. Cet idéal qui les animait : Préserver de toutes nos forces la Paix et la Liberté.
Cet hommage va être concrétisé par un dépôt de gerbes au pied du monument puis par la sonnerie aux morts.
La Marseillaise que va interpréter votre chorale symbolisera le rassemblement de toutes les génération de Français.
Enfin, pendant le chant de l’Hymne Européen, le geste de déposer une bougie allumée marquera votre détermination à reprendre le flambeau.
